L'actualité
Mauritanie: Putsch manqué ou coup foireux des djiadistes ?
Date : 15/10/2012 à 13:58:46

Twela, située à 40 km au nord de Nouakchott, la capitale mauritanienne, lieu de villégiature hebdomadaire du chef de l’Etat, est sens dessus dessous depuis ce samedi 13 octobre 2012 : l’illustre promeneur y a été blessé ce jour-là par une patrouille militaire qui s’est méprise sur le véhicule selon la thèse officielle.

Le général Mohamed Ould Abdellaziz, président de la Mauritanie, s’est fait tirer dessus en ces lieux. Opéré d’abord dans un hôpital militaire de Nouakchott, il a été en principe transféré hier 14 octobre dans un hôpital français, et ses jours ne seraient plus en danger selon les autorités ; un transfert qui pourrait pourtant faire penser que le tombeur de Maouya Ould Taya serait grièvement atteint plutôt que blessé au bras, quand bien même il se serait adressé à ses compatriotes sur la télévision nationale, couché sur le dos, le corps couvert par un drap jusqu’au cou. A qui aurait profité sa mort ?

Ce coup de feu contre le n°1 de ce pays nous ramène à deux réalités incontournables ou plutôt à deux pistes plausibles :

- primo, l’habitude ancrée de ce mode brutal de dévolution du pouvoir en Mauritanie. Autrement dit, la piste d’un putsch manqué n’est pas à exclure.

En effet, depuis le renversement de Moctar Ould Dadah en 1978, la Mauritanie a eu 7 chefs d’Etat dont 6 le sont devenus par des raccourcis militaires.

Politiquement, la Mauritanie, depuis mars 2007, avait tenté de renouer avec le pouvoir civil et la démocratie par l’élection de Sidi Ould Cheick Abdellahi, une expérience qui a tourné court, puisqu’elle n’aura duré que 11 mois.

Putschiste notoire, le miraculé de Twela est coauteur, entre autres, du coup d’Etat du 3 août 2005 avec son cousin Elly Ould Vall, puis il renversa le président Abdellahi le 6 août 2008 et essaya de se faire absoudre par les urnes en 2009. Las ! Ses adversaires estiment que le pays est sous la coupe du clan des Ould Bebash, la tribu du président, qui profite du fer et de la pêche, les seuls produits d’exportation, que complètent les 10 000 barils/jour du pétrole de Chinguetti.

Si on y ajoute le sempiternel problème identitaire des Négro-Mauritaniens qui, bien que partageant l’islam avec les Maures, ne se reconnaissent pas dans le carcan arabe, prôné par le régime actuel, on voit que le pouvoir de l’actuel homme fort de la Mauritanie n’est pas populaire. Et que dire du dernier recensement électoral, qui a royalement ignoré Noirs, Haratines et assimilés, considérés comme des Mauritaniens de seconde zone ?

- Secondo : les terroristes de tout poil qui écument le no man land sahélo-saharien et à qui la Mauritanie sert souvent de base arrière pourraient ne pas être étrangers à cette tentative d’envoyer le général manger les pissenlits par les racines.

La Mauritanie est en Afrique de l’Ouest ce que l’Ethiopie sous le défunt Meles Zenawi est pour les Américains et les Européens dans la corne de l’Afrique : un pont pour bien mener leur croisade contre le terrorisme. Régulièrement, ce pays est le théâtre d’actes djaïnismes, manifestations de prurit d’un terrorisme dont les tentatules dépassent le cadre de l’Afrique.

Le 17 août 2008, soit 11 jours après son coup d’Etat, Ould Abdellaziz affirmait : « Je promets de lutter contre le terrorisme ». Il a tenu parole, même si les résultats restent mitigés. Est-ce une vengeance de ceux qui veulent créer un Africanisthan ?

Source : L’Observateur Paalga via connectionivoirienne.net
retour
Recherche personnalisée


Accueil