L'actualité
Le procès en appel de militants anti-esclavagistes commenté par la presse mauritanienne
Date : 30/2/1 à 19:42:16

Nouakchott, Mauritanie (PANA) - La confirmation en appel d’un verdict condamnant à 2 ans de prison ferme, trois militants anti-esclavagistes au terme d’un procès qui s’est déroulé le 20 août dernier dans la ville d’Aleg (250 kilomètres au Sud/Est de Nouakchott), a été le principal sujet commenté par la presse parue en Mauritanie cette semaine.

Ces trois militants sont Biram Ould Dah Ould Abeid, leader de l’Initiative du mouvement Abolitionniste (IRA)- prix des Nations-Unies pour les droits de l’homme en 2013, Brahim Ould Ramdhane, vice président de la même organisation et Sow Djibi, dirigeant de l’ONG «Kawtaal Yelitaré».

«Le Quotidien de Nouakchott» expose les thèses contradictoires d’une défense qui dénonce «un bannissement administratif» en dehors de toutes les règles de procédure et d’un Procureur général soutenant l’idée «d’un procès équitable».

Le même organe rappelle que «l’audience de la Cour d’appel d’Aleg a été boycottée par les prévenus et leurs avocats».

Très incisif, l’hebdomadaire « Le Calame » du mercredi donne le ton sur le verdict en première page «Procès en appel de Biram, Brahim et Djibi Sow : rideau sur une mascarade ». Ce journal affiche la photo d’une grosse banderole brandie par des militants de l’IRA et sur laquelle on peut lire « je récuse votre justice partiale » et évoque l’attitude courageuse de militants anti-esclavagistes « loin d’être ébranlés par huit (8) mois de détention ».

« Biladi » un autre hebdomadaire paraissant le mercredi, consacre son éditorial à la même affaire. Cet organe constate que « Biram Ould Dah Ould Abeid et ses compagnons viennent de voir leur sévère peine de 2 ans de prison ferme, confirmée par la Cour d’appel d’Aleg. Un verdict qui ne fera que renforcer l’audience du leader de l’IRA auprès de l’opinion nationale, et plus particulièrement au sein de sa communauté, les Haratines.

L’histoire nous enseigne que la prison dans les pays en déficit démocratique constitue l’antichambre du pouvoir. Alors, du courage Biram, tu te rapproches de l’objectif».

Citant la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), le journal «Noorinfo» relève l’incohérence du verdict du 20 août 2015 par rapport au contexte car, «comment le gouvernement mauritanien peut-il à la fois encourager le durcissement de la législation contre l’esclavage» et au même moment «arrêter et traduire en justice des militants anti-esclavagistes pacifiques?».
-0- PANA SAS/IS/SOC 29août2015
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