L'actualité
A la une : les otages d’Aqmi
Date : 11/03/2010 à 11:14:06

RFI, Par Frédéric Couteau

Après trois mois de captivité, l’otage espagnole Alicia Gamez a été libérée hier par Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique et, dans la foulée, rapatriée à Barcelone. Mais c’est une autre femme otage qui retient l’attention ce matin de la presse au Mali et au Burkina. Il s’agit de Philomène Kabouré, ressortissante italienne d’origine burkinabé. Elle et son mari italien, Sergio Cicala, ont été capturés en Mauritanie le 18 décembre dernier par un autre groupe d’Aqmi. Philomène Kabouré devait être libérée hier, en même temps qu’Alicia Gamez. Mais, d’après les négociateurs, elle a refusé de laisser son mari seul et elle est donc restée…

Un courage salué par Le Républicain à Bamako : « espérons que nous pourrons dire un jour à Philomène notre fierté, s’exclame le journal. Car qu’elle reste avec son homme ou qu’elle soit contrainte de le quitter la poitrine serrée et les yeux humides, cette dame a désormais conquis nos cœurs par son sens du sacrifice et de la solidarité. Elle pouvait être libre (…) mais elle a choisi de rester avec son Sergio. »

Les islamistes d’Aqmi seront-ils éclairés par Dieu ?

Et pour Le Républicain, cette belle histoire peut être interprétée comme une parabole : « c’est un vrai choc de valeurs qui s’est déroulé dans le désert saharien, affirme-t-il. D’un côté, la résolution trempée d’une chrétienne qui a opté pour le serment biblique de se marier pour le meilleur et le pire. De l’autre, poussée à son extrémité la plus perverse, ce qu’on croit être l’application de l’islam dans toute sa rigueur. »
Et le quotidien malien de s’interroger : « Dieu, celui des musulmans qui est aussi celui des chrétiens, dans sa miséricorde, sèmera-t-il la lueur dans le cœur des émirs salafistes ? (…) Il faut espérer que ces combattants qui se réclament de lui percevront tout l’enjeu du couple Cicala. La vraie communication pour l’islam, affirme Le Républicain, n’est pas dans la mort de l’Italien mais dans sa liberté. Pour Philomène la chrétienne, leur sœur en Dieu qui a désormais transformé sa faiblesse en force. »

En tout cas, « l’espoir est permis » : c’est ce qu’a affirmé hier l’envoyée spéciale du ministre italien des Affaires étrangères reçue par le président burkinabé Blaise Compaoré. Cette émissaire italienne était venue à Ouagadougou, explique le quotidien Sidwaya, pour « évoquer avec le président burkinabé la stratégie à adopter pour obtenir la libération du couple italien. »
Rappelons que, outre ce couple d’Italiens, deux ressortissants espagnols sont toujours retenus en otage par Aqmi.

Les Africains de l’Ouest seront-ils éclairés par les Chinois ?

Le problème récurrent des coupures d’électricité en Afrique de l’Ouest… Au Sénégal, la solution passera-t-elle par la Chine ? Le Soleil à Dakar annonce que les deux pays ont signé hier une convention de financement de « 35 milliards de francs CFA pour la fourniture électrique de Dakar et de sa banlieue ». Le contrat a été signé par Karim Wade, le fils du président, ministre d’Etat, chargé, entre autres, des Infrastructures.
« Nous devons toujours dire la vérité aux Sénégalais confrontés aux coupures intempestives d’électricité, déclare Karim Wade, cité par Le Soleil. (…) Oui, je sais, poursuit-il, que le redressement de ce secteur est rendu difficile par la progression démographique et le taux d’urbanisation qui exerce une forte pression sur la demande d’électricité, notamment à Dakar. Mais nous avons l’obligation de gagner. »

Dans le même temps, s’ouvrait hier à Ouagadougou un atelier de réflexion organisé par l’IRED, l’Initiative régionale pour l’énergie. Objectif : tenter de trouver des pistes pour faire face à la crise de l’électricité qui affecte toute la sous-région. En effet, comme le constate le quotidien Le Pays, « au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Mali, etc, les populations vivent douloureusement les délestages, lesquels handicapent leurs activités économiques. (…) Selon l’IRED, poursuit le quotidien burkinabé, la crise énergétique actuelle est aggravée par la facture pétrolière de la sous-région qui est passée de 639 milliards de francs CFA en 2003 à plus de 1300 milliards en 2006, soit un accroissement de 42% par an. Il faut ajouter à cela, les problèmes de gouvernance des sociétés de production d’électricité parmi lesquels le défaut de planification, les tarifications inappropriées, l’inadéquation de la structure du parc énergétique, le défaut ou les choix techniques inappropriés. »

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