Le front anti-putsch maintient sa manifestation interdite pour demain Date : 04/10/2008 à 12:18:54
Le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD) en Mauritanie, coalition de partis opposés au putsch du 6 août, a annoncé hier à la presse qu’il maintenait son appel à manifester demain, en dépit de l’interdiction annoncée par les autorités. «Nous avons informé l’administration de notre marche comme le prévoit la loi. Le wali [gouverneur] nous a signifié son refus de la manifestation sans raisons convaincantes, mais nous avons décidé de maintenir la marche, tout en restant ouverts au dialogue», a déclaré Omar Ould Yali, vice-président de l’Alliance populaire progressiste (APP), un des cinq partis du Front.
Le FNDD entend organiser des marches lors d’une «journée de la démocratie» demain 5 octobre, à la veille de l’expiration de l’ultimatum lancé à la junte par l’Union africaine (UA). Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA avait, le 22 septembre, «exigé le retour à l’ordre constitutionnel par le rétablissement inconditionnel de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, président de la République islamique de Mauritanie, dans ses fonctions, à la date du 6 octobre 2008 au plus tard».
Le gouverneur qui a signifié l’interdiction de cette marche a précisé dans un courrier que «toutes les manifestations à caractère politique devant être organisées sur la voie publique sont suspendues jusqu’à nouvel ordre». L’interdiction de la marche «est un coup d’Etat contre les libertés et une volonté supplémentaire de faire accepter le putsch que nous rejetons», a protesté M. Ould Yali.
Moulaye Ould Mohamed Leghdaf, Premier ministre nommé à la mi-août par la junte, avait annoncé mardi que le gouvernement allait interdire toutes les manifestations. «Je pense que le pays depuis le mois de mai ne fait que manifester, on va diminuer ça, d’ailleurs on va interdire toutes les manifestations, dans un sens ou dans un autre», avait-il dit.
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