L'actualité
Trois tentatives de coup d'Etat depuis juin 2003, la 4è a réussi.
Date : 03/08/2005 à 20:04:18

(Mauritanie-web.com) - Un coup d'Etat a été perpétré
mercredi en Mauritanie par des militaires, principalement des
membres de la garde présidentielle, qui ont profité de
l'absence du président Maaouyia Ould Taya, en déplacement à Ryad
pour les obsèques du roi Fahd.

Depuis juin 2003, la République islamique de Mauritanie avait
déjà été confrontée à trois tentatives de coup d'Etat.

Dans un communiqué retransmis en milieu d'après-midi par
l'Agence mauritanienne d'information (AMI), signé du
"Conseil militaire pour la justice et la démocratie", les
putschistes ont fait savoir que "les Forces armées et de sécurité
ont unanimement décidé de mettre fin aux pratiques totalitaires
du régime dont notre peuple a tant souffert ces dernières
années".

"Ces pratiques ont engendré une dérive dangereuse pour l'avenir
du pays. A cet effet, les forces armées et de sécurité ont décidé
la mise en place d'un Conseil militaire pour la justice et la
démocratie", poursuit le texte où aucun responsable militaire
n'est nommément cité. Les putschistes s'engagent également à
"créer les conditions favorables d'un jeu démocratique ouvert et
transparent sur lequel la société civile et les acteurs
politiques auront à se prononcer librement".

Le président Ould Taya, qui se trouve à Niamey où il a atterri à
13H20 (12H20 GMT) en provenance de Ryad, n'avait toujours pas
fait de déclaration mercredi dans l'après-midi.

Il a été installé dans une villa proche de la présidence, selon
une source proche du chef de l'Etat nigérien Mamadou Tandja qui a
précisé que les deux hommes s'étaient auparavant entretenus
durant 40 minutes.

Le colonel Ould Taya, alors chef d'état-major de l'armée, avait
pris le pouvoir le 12 décembre 1984, en renversant le président
Khouna Ould Haidallah.

Le coup d'Etat a débuté mercredi à 05H00 (locale et GMT) avec la
prise de contrôle par des militaires mauritaniens, pour la
plupart des membres de la garde présidentielle, du siège de
l'état-major ainsi que de la radio et de la télévision nationales
qui ont totalement cessé d'émettre.

Des véhicules équipés d'armes lourdes et des batteries anti-
aériennes ont été positionnés à plusieurs points stratégiques de
la capitale par les putschistes, dont le nombre n'est pas connu.

Ils ont également bloqué l'accès à la présidence de la
République, autour de laquelle plusieurs pick-ups équipés de
mitrailleuses étaient disposés, et aux ministères.

L'entrée sud de la ville était également contrôlée par la garde
présidentielle.

Il était impossible en milieu d'après-midi de savoir si ce coup
d'Etat avait fait des victimes.

Cinq tirs d'armes lourdes ont retenti à 10H15 près du centre
de la capitale mauritanienne et plusieurs rafales de mitrailleuse
ont été entendues à 13H00 aux abords de la présidence.

Progressivement, les bâtiments administratifs se sont vidés et
l'activité s'est réduite dans les rues de la capitale.

Quant à l'aéroport de Nouakchott, il a été fermé au trafic civil
à partir de 10H00 GMT, selon des sources militaires et
diplomatiques. Aucun blindé n'était cependant visible à
proximité.

Selon des sources militaires, "plusieurs officiers supérieurs"
auraient par ailleurs été arrêtés, mais on ignorait en milieu de
journée s'il s'agit de militaires loyalistes ou de putschistes.

La République islamique de Mauritanie, pays de plus d'un million
de km2 et peuplé de quelque 2,8 millions d'habitants, a été
confronté, selon les autorités, à trois tentatives de coup d'Etat
en quinze mois, en juin 2003, en août et septembre 2004.

En juin 2003, la tentative de coup d'Etat avait été mise en échec
par les forces loyalistes après 36 heures de combats qui avaient
fait 15 morts et 68 blessés selon un bilan officiel.
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