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Négociations sur le Sahara Occidental : Sidi Mohamed Ould Boubacar à la tête de la délégation des observateurs mauritaniens
Date : 15/06/2007 à 21:50:05

(Nouakchott-Info) L’ancien premier Ministre de la transition, Sidi Mohamed Ould Boubacar n’ira pas en vacances comme prévu. Le gouvernement vient de lui faire appel pour présider la délégation mauritanienne aux négociations sur l’avenir du Sahara Occidental qu’entameront directement le Maroc et le Polisario, sous l’égide de l’Onu, le 18 avril à Long Island, près de New York. Preuve s’il en était que le régime de la transition et l’actuel gouvernement issu des élections s’entendent bien.

Sidi Mohamed Ould Boubacar ne pourra pas prendre du recul, les autorités politiques du pays viennent de lui confier la délicate mission de présider la mission d’observateurs mauritaniens aux négociations qui seront engagées directement par le Royaume du Maroc avec le Polisario.

Le choix de l’ancien premier Ministre de la transition n’est pas fortuit car l’homme avait déjà le dossier entre les mains lors de la rencontre de Houston, mise en branle par l’ancien secrétaire d’Etat américain, James Baker.


Sidi Mohamed Ould Boubacar est, une fois de plus, investi de la confiance du gouvernement mauritanien pour prendre part à ces pourparlers où notre pays -tout comme l’Algérie qui abrite le Polisario- est qualifié de partie intéressée par l’issue de cette affaire. Plus que par le passé où il gérait ce dossier de son perchoir de Ministre Secrétaire général de la présidence de la République, sous le régime de Ould Taya, Sidi Mohamed Ould Boubacar est aujourd’hui présenté comme l’émissaire "attentif" du gouvernement à cette affaire du Sahara Occidental qui mine les relations et retarde la mise en place de l’Union du Maghreb Arabe.

Mais au-delà des contingences liées au choix de Sidi Mohamed Ould Boubacar, qui préside une forte délégation mauritanienne à ces négociations, comprenant Abderrahmane Ould Hamza, diplomate de carrière et Mohamed Ould Tolba, notre représentant aux Nations Unies, la rencontre de Long Island risque d’être celle de la dernière chance, si des concessions ne sont pas entérinées sous l’impulsion des Nations-Unies. L’ONU est représentée à cette rencontre par l’envoyé spécial du SG, Van Walsum.

Battre en brèche les propositions

Depuis la proposition faite en avril par le Royaume du Maroc d’une autonomie élargie, contrée par une autre proposition d’inspiration du Polisario, une volonté politique d’en finir avec cette crise, au moment où la région du Maghreb se distingue par l’émergence de bases arrières du réseau d’Al Qaeda, prend de plus en plus de place dans le raisonnement des politiques sous-régionales.

En effet, depuis plus d’une année, le Royaume chérifien multiplie les gestes de bonne volonté en direction de l’Algérie, qu’il accuse d’animer ce conflit, pour une résolution consensuelle de l’affaire du Sahara Occidental.

Si à depuis le déclanchement de ce conflit, en Novembre 1975, le Maroc et l’Algérie se regardaient en chiens de faïence, allant jusqu’à rompre leurs relations diplomatiques, l’arrivée de Sa Majesté Sidi Mohamed VI au trône a coïncidé avec des tentatives sérieuses de rapprochement entre Alger et Rabat, avec en toile de fonds, l’objectif de trouver une solution politique à ce conflit, d’autant plus que les efforts des nations-unies pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination a montré ses limites avec le désaccord des parties sur le collège électoral et l’impossibilité matérielle pour les NU de procéder aux opérations d’identification.

Pourtant, le Polisario, soutenu par l’Algérie, comme vient de le réitérer le président Bouteflika, devant Daniel Ortega, le président Nicaraguayen, en visite récemment à Alger. L’Amérique latine est restée un vivier de soutien au Polisario contrairement à l’Afrique dont plusieurs pays sont revenus sur la reconnaissance de la RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique), décrétée unilatéralement par le Front Polisario.

Pour accompagner les efforts des parties concernées à la résolution de ce conflit vieux de plusieurs décennies, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon s’est rendu, mardi, à Madrid où il a rencontré le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero et le roi Juan Carlos. L’Espagne ancienne puissance colonisatrice du Sahara Occidental et les Etats-Unis avaient salué le projet d’autonomie élargie proposée par les autorités marocaines. "Nous traitons avec la Communauté internationale avec un esprit positif, et c’est sur cette base que nous allons participer à ces négociations", devait déclarer à ce sujet le ministre marocain de la Communication, Nabil Ben Abdallah, lors d’un point de presse, jeudi à Rabat.

La Mauritanie est donc bien présente aux pourparlers sur l’avenir du Sahara Occidental. Le Conseil de sécurité avait appelé le 30 avril le Maroc et le Polisario à "engager des négociations sans condition préalable et de bonne foi ". Des conditions acceptées par toutes les parties à cette rencontre qui, nous l’espérons, ne finira pas, encore, en queue de poisson prolongeant l’agonie de l’UMA.

JD
jedna@mapeci.com

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