Le Chef de l'Etat affirme que les délais du processus électoral en Mauritanie seront respectés Date : 28/2/1 à 02:23:24
Nouakchott, 27 jan (AMI)- Le Colonel Ely Ould Mohamed Vall, Président du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie, Chef de l'Etat a affirmé que les délais du processus électoral en cours en Mauritanie depuis le 3 août 2005, conformément aux engagements du CMJD et au consensus national dégagé, seront respectés.
Le Chef de l'Etat qui parlait à l'ouverture du 6ème congrès des maires de Mauritanie aujourd'hui, samedi, au Palais des Congrès à Nouakchott, a précisé que l'expérience communale mauritanienne a connu, au cours des dernières échéances et pour la première fois dans son histoire, l'élection de conseils municipaux que tous ont qualifié de transparente et d'honnête, contrairement aux pratiques du passé qui étaient marquées par l'intervention des autorités de tutelle.
Il a appelé les maires à exercer leurs missions, en toute liberté et responsabilité, conformément aux intérêts des citoyens qui les ont élus, se déclarant fier de présider ce congrès, en cette importante étape de la démocratie mauritanienne.
Le Chef de l'Etat a rappelé les engagements pris par le CMJD au lendemain du changement du 3 août 2005, soulignant que parmi les fruits de ces engagements figurent la rencontre d'aujourd'hui et la réforme de l'Administration qui s'est répercutée positivement sur les maires à travers la décentralisation.
Il a ajouté que la décentralisation donnera aux maires des compétences de plus en plus importantes, affirmant qu'aucun effort ne sera ménagé, à quelque niveau que ce soit, pour la réussite des maires dans leurs missions, dans l'intérêt des populations et pour l'amélioration des conditions de leur vie et que l'Etat est au service de cette orientation.
Le Président du CMJD devait ensuite parler des rumeurs qu'a connues la scène nationale et qui ont été à la base de certaines positions, précisant que cela a conduit à un état d'alerte sans précédent.
Le Chef de l'Etat s'est interrogé sur les causes de cet état et sur les fins qui sont visées à travers cela, indiquant que l'accent a été mis sur un seul point comme s'il était le plus important dans le pays du point de vue économique, social et politique à savoir: la neutralité du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie.
Le Colonel Ely Ould Mohamed Vall a dit: " beaucoup de choses ont été dites à ce sujet, certains ont cru que les affaires du pays doivent s'arrêter jusqu'à ce que la question soit tranchée, d'autres ont parlé de la question des compétences du Chef de l'Etat, des décisions qu'il prend..."
A ce sujet, le Chef de l'Etat a affirmé que la neutralité ne veut nullement dire le laisser-aller ou l'empêchement de la mission du CMJD et du gouvernement de transition et qu'il n'y a personne qui puisse dicter ses conditions, s'agissant de la gestion des affaires du pays.
Il a, en outre indiqué que la scène politique, dans ce contexte précis "a connu plusieurs approches dont certaines ont brandi la menace de ne pas accepter ce qui est de nature à arrêter le processus démocratique de transition, s'adressant dans ce sens à l'autorité et se basant sur des rumeurs sans fondements. D'autres ont, par contre, et sans preuve aussi, avancé l'idée d'arrêter la période de transition, car s'acheminant vers ce qui ne leur plaît pas".
Le Chef de l'Etat s'est interrogé sur le mécanisme devant être adopté à ce sujet, se demandant pourquoi toutes ces parties voient la question d'une même optique, sans revenir à la constitution qui a été approuvée par le peuple mauritanien à une majorité de 96%, le 25 juin 2006.
Le Colonel Ely Ould Mohamed Vall, Président du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD) Chef de l'Etat, a dit que ce qui se pose aujourd’hui, au peuple mauritanien, c'est de choisir un Président de la République et préciser à ce effet, que certains croient que cela doit se passer sur la base du calendrier définitif et des candidatures présentes, tandis que d'autres, se prononcent contre ce calendrier et les candidatures actuelles.
Le Chef de l'Etat a, en outre, indiqué que la solution à cette question ne peut pas intervenir à travers des accords ou des décisions arbitraires, mais plutôt, en revenant à la constitution. Le Président du CMJD a indiqué qu'il n'y a aucun accord entre le CMJD et n'importe quel parti ou personne, qu'il n'y a aucune décision arbitraire d'aucune autorité, que les choses se déroulent conformément à la loi et que la transition se poursuivra conformément au calendrier fixé et aux engagements pris.
Le Chef de l'Etat a rappelé à ce sujet, ce que prévoit la constitution. L'article 26 de la constitution dit et je cite, déclare le Chef de l'Etat :"le président de la République est élu pour 5 ans au suffrage universel direct. Il est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés -retenez bien à la majorité absolue des suffrages exprimés-. Le Chef de l'Etat a indiqué que l'article sus-cité dispose: "si celle-ci (la majorité absolue NDLR) n'est pas obtenue pour l'un des candidats, il est procédé à un second tour dans deux semaines plus tard. Seuls peuvent s'y présenter les deux candidats qui étaient en compétition et qui ont recueillis le plus grand nombre de suffrages exprimés au premier tour."
Le Chef de l'Etat a déclaré que l'ordonnance 2007/01 modifiant et complétant l'ordonnance 91/027 portant loi organique relative à l'élection du président de la République reprend exactement le même article: le Président de la République est élu pour 5 ans au suffrage universel direct, à la majorité absolue des suffrages exprimés. L'article 14 reprenant ainsi dans les mêmes termes, les dispositions de l'article 26 de la constitution.
En outre, le Chef de l'Etat a souligné que le décret 2007/01 modifiant, complétant et abrogeant certaines dispositions du décret 91/140 du 13 novembre 1991 fixant les modalités de la campagne électorale et des opérations de vote pour les élections présidentielles stipule dans son article 29 que si, au premier tour, la majorité absolue n'est pas atteinte, le conseil constitutionnel fait connaître, au plus tard le vendredi qui suit le scrutin, le nombre de suffrages obtenus par chacun des candidats et proclame l'ensemble des résultats.
Le Chef de l'Etat a expliqué que l'article 32 du décret 130/86 fixant les modalités de la campagne électorale et des opérations de vote détermine le nombre des suffrages exprimés en déduisant du nombre total des bulletins trouvés dans l'urne le nombre des bulletins déclarés nuls dans les conditions prévues par la loi.
Qu'est ce qu'on peut déduire de la constitution et des lois organiques pour répondre aux questions qui se posent aux mauritaniens?, s'est interrogé le Chef de l'Etat. Chacun, à son opinion, dira-t-il, et cette opinion devra se faire dans le cadre du calendrier électoral et des élections telles qu'elles sont prévues ainsi que dans le respect de la constitution.
Or, ce que je viens de vous dire, a indiqué le président du CMJD, est tout simplement la possibilité pour chacun de vous d'exprimer toute son opinion à travers une élection nationale. Cela veut dire -précisera-t-il- que la constitution de la République Islamique de Mauritanie adoptée avec un taux de participation 76% et avec 96% de Oui et les lois organiques complétant, reprennent les mêmes dispositions et disent que pour être élu, un président doit avoir au moins, la majorité absolue des voix exprimées et que les voix exprimées sont celles obtenues par tous les candidats ainsi que les votes blancs.
On peut en déduire que chacun d'entre vous, chaque mauritanien, chaque parti, chaque initiative, chaque groupe peut imposer sa solution à travers la constitution et les lois a expliqué le chef de l'Etat. Il n'est nullement besoin que l'on prenne des dispositions illégales, ni des dispositions par des négociations parallèles par rapport à nos lois soulignera-t-il . Et de poursuivre: "cela veut dire tout simplement que demain vont se présenter à vous, une vingtaine de candidats.
Ce sont des mauritaniens qui briguent vos suffrages, qui briguent la charge suprême de l'Etat. Avec la constitution que nous avons, nous avons toutes les solutions pourvu qu'elles s'inscrivent dans la constitution. Et la solution c'est quoi? C'est comme je vous ai dit donner une majorité absolue des suffrages exprimées au premier tour".
Source AMI
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