L'actualité
CRISE MAURITANIENNE - Divergences sur le sort du Haut conseil d’Etat
Date : 22/2/1 à 15:06:17

lequotidien.sn, Par Binta NDONG


Le Fndd favorable à la suppression, le camp du général Abdel Aziz dit niet

Deux semaines après la signature de l’Accord-cadre de Dakar qui a permis de décrisper la situation politique mauritanienne, entre le Président déchu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et le général Mohamed ould Abdel Aziz, les relations sont toujours tendues .Le Haut conseil d’Etat est la pomme de discorde dans ces négociations. Si du côté du Fndd, un compromis a été trouvé, le camp du général Abdel Aziz a tout simplement refusé la proposition du Groupe international de contact.

A 21h 20 mn, Mohamed Yahya, chef de la délégation du général Abdel Aziz sort de la salle de négociations et affirme : «Les négociations sont terminées, il y a eu un accord sur le règlement des problèmes en Mauritanie, mais pas sur la question du Hce.» Les membres de la délégation envoyée par le général Abdel Aziz étaient visiblement aux antipodes de ce qui leur a été proposé, vu la façon dont ils sont furtivement sortis de la salle. Et, à la question de savoir s’ils vont revenir le lendemain (Ndlr : aujourd’hui), le représentant répond tout simplement : «Non».
Quelques minutes après, on aperçoit les représentants du Front national pour la défense de la démocratie (Fndd) qui, apparemment, sont sortis d’une salle différente de celle d’où sont sortis ceux du général Ould Abdel Aziz. Ainsi, Outouma Soumaré, membre de la délégation du Fndd, avance qu’après le second round de Dakar et une nuit blanche, et plusieurs rencontres, «il n’y a pas eu de consensus». Et ceci, malgré la proposition du Groupe de contact international. Selon M. Soumaré, les deux parties ne sont pas tombées d’accord sur la proposition faite par le Groupe de contact. Si du côté du Fndd, un compromis a été accepté, les partisans du général Ould Abdel Aziz sont contre le principe. Lequel accord consiste à remplacer le Haut conseil d’Etat par le Conseil supérieur de défense nationale (Csdn). Cependant, ils ont émis quelques réserves sur le statut de cette nouvelle instance. Car, pour Outouma Soumaré, le Csdn est constitutionnel alors qu’il n’ y a pas eu de révision de la Constitution mauritanienne. En Mauritanie, le Csdn est composé en majorité de civils tels que des ministres ; c’est pourquoi, le groupe de contact a trouvé un point d’équilibre qui laisse intact le Conseil. Cette proposition a été acceptée par la communauté internationale, dit-il, «pour sortir le pays de la crise qu’il traverse». Et actuellement, a affirmé le représentant du Fndd, «après de longues et épuisantes négociations, il y a toujours une attitude de refus du côté du général Abdel Aziz», alors que le Fndd «est disposé à poursuivre les négociations», avance M. Soumaré. Il poursuit pour dire que même si le Conseil supérieur de défense nationale est mis en place, il va fonctionner sous l’autorité du gouvernement transitoire. Ce compromis accepté par le Fndd est, selon Outouma Soumaré, «utile pour sortir de la crise».
Sorti en dernier, Cheikh Tidiane Gadio, chef de la diplomatie sénégalaise, accompagné par le représentant de l’Union africaine, dira : «On n’était pas venu pour renégocier, mais plutôt pour examiner un point crucial». Ainsi, la partie sénégalaise avance qu’après de longues discussions, la question n’est pas encore totalement bouclée. Donc, M. Gadio avance «qu’il n’est pas totalement satisfait». C’est pourquoi, durant la nuit, celle d’hier, ils feront ce qu’il a appelé, «du téléphone diplomatique». Rendez-vous est donné encore ce matin, pour les résultats définitifs.
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