"Les esprits s'ouvrent à la mode en Mauritanie", selon une styliste Date : 21/2/1 à 11:42:47
Dakar, Sénégal (PANA via Mauritanie-web) - "La mode est de plus en plus acceptée en République islamique de Mauritanie, même si elle est encore faiblement ancrée dans l'esprit des Mauritaniens" a déclaré samedi à Dakar la styliste mauritanienne Salamata Oumar Bâ, en marge de la 6ème édition de la Semaine internationale de la mode de Dakar (SIMOD).
S'exprimant dans un entretien accordé à la PANA, en marge de la 6ème SIMOD qui se tient à Dakar du 13 au 22 juin, à l'initiative de la styliste sénégalaise Oumou Sy, la jeune styliste, qui avait organisé février 2008, dans la capitale Nouakchott, le premier défilé de mode de toute l'histoire de la Mauritanie, a demandé aux autorités de son pays d'être "positives", tout en précisant que "les stylistes ne déshabillent pas les gens. Ils les habillent plutôt".
Se rappelant l'interdiction faite, il y a quelques années, au styliste nigérien Alphadi d'organiser un défilé à Nouakchott, dans le cadre de sa caravane mondiale, Salamata Oumar Bâ qui, plus tard, a tenu une manifestation similaire dans la capitale mauritanienne, en a déduit : "ce qui veut dire que les esprits ont évolué. La situation avance, car les gens commencent à comprendre".
"Si les autorités restent négatives, nous ne pourrons pas faire grand-chose. J'avais eu peur que la Nuit de la mode mauritanienne que j'avais organisée tourne mal. Mais cela s'est plutôt bien passé. Même les débats qui ont eu lieu par la suite ont été plutôt positifs. Il y a eu de bons échos, et la première personne à m'avoir félicitée et encouragée a été le maire de Nouakchott Mohamed Hamza", a-t-elle confié.
A propos de la mode en Mauritanie, Mme Bâ reconnaît: "Elle n'est pas encore développée, comparée à celle d'autres pays comme le Sénégal, le Maroc ou la Tunisie. Il y a beaucoup à faire. Pour cela, il faut que beaucoup de jeunes soient formés au stylisme. Il ne suffit pas d'ouvrir son atelier et de copier les catalogues pour se dire styliste. Il faut être en mesure de créer. Pour cela, il faut des écoles de stylisme, de mannequinat et de modélisme dans le pays, car tout le monde n'a pas les moyens d'aller étudier dans d'autres pays".
L'ancienne élève des Ateliers Leydi de la styliste Oumou Sy, initiatrice de la SIMOD, rêve de créer une grande école de formation dans son pays. "Mon objectif est de promouvoir la mode en Mauritanie et de la représenter dans tous les pays du monde", a-t-elle soutenu.
Dans la collection qu'elle a présentée vendredi dans le cadre de la SIMOD, Salamata Bâ a mis en évidence la diversité de son pays, allant du monde arabo-berbère aux communautés peule, wolof et soninké qui vivent en Mauritanie.
Son dernier modèle, qu'elle a intitulé "Robe-Sida", est une longue tunique en satin blanc coiffée d'un chapeau en sorte de préservatif, le tout serti de rubans rouges, insigne de la lutte contre le VIH/SIDA, avec, au devant, le slogan : "Stop Sida".
"C'est parce je pense que ce ne sont pas seulement les organismes de lutte contre le sida qui doivent s'impliquer dans la sensibilisation sur les dangers de cette maladie. Cela incombe à tout le monde : les chanteurs et les stylistes, entre autres. Le sida est une maladie qui touche énormément de personnes en Afrique. Il faut une lutte permanente", a-t-elle expliqué.
Pour contribuer davantage à la sensibilisation sur la pandémie, Salamata Bâ a promis de créer, à la prochaine édition de "La nuit de la mode mauritanienne" prévue en 2010, beaucoup plus de modèles axés sur le thème du VIH/SIDA.
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