L'actualité
Avril - Mai 1989 : Plus jamais ça ! ((2ème partie)
Date : 05/05/2008 à 12:55:34

Noukchott, Mauritanie(L'Authentique)
... Selon le quotidien national Chaab, dans le supplément de son édition du 2 août 89 " le ton est donc officiellement lancé par Monsieur André Sonko " ; ce qui expliquerait, toujours selon ce journal, les incidents qui ont éclaté le lendemain de cette déclaration, à Matam " où des Maures mauritaniens attaqués par la foule se défendent ". Le Soleil tire le lendemain (à la Une) : " Maures contre Pulars à Matam ".

Suite à ces incidents, le ministre mauritanien de l'Intérieur, Jibril Ould Abdallahi se rend le lendemain, mercredi 19 à Dakar pour, selon Chaab " présenter ses condoléances pour les morts sénégalais et il réitère à son homologue la demande mauritanienne de mise en place d'un plan efficace et global de sécurisation de notre communauté au Sénégal ". Il est reçu le jour même par le président Diouf ; dans sa déclaration à la presse à sa sortie d'audience, il commence par formuler ses regrets au sujet des morts de Diawara avant d'ajouter " je pense qu'on a voulu leur donner des dimensions qui ne sont pas réelles parce que les problèmes entre cultivateurs et éleveurs dans nos pays sahéliens sont connus de tous ". Par la suite on annonce officiellement la mise en place d'une commission d'enquête dont les travaux devaient commencer le week-end même. Seuls les propos du ministre mauritanien ont retenu l'attention d'une certaine frange de la classe politique et des milieux administratifs qui ont estimé " légers " aussi bien l'attitude du responsable que les propos pour une affaire où il y a eu mort d'hommes. La campagne hostile à la Mauritanie s'est mise en route ; et la tension monte ce vendredi 21 avril. Les médias officiels racontent par le menu, en prenant des libertés, les incidents de Matam ; " Sopi " rapporte qu'un boutiquier maure a tiré sur un jeune sénégalais à la Sicap Amitié 2. Quelques escarmouches sont notées à Nouakchott et là à Dakar.


L'apocalypse

Le samedi 22 et dimanche 23 c'est l'enfer ; les boutiques ateliers de milliers de Maures sont pillés, leurs propriétaires molestés, tués ; une épidémie " anti-Nar " gagne toutes les villes du Sénégal : MBour, Diourbel, Thiès, Louga, Tambacounda, Ziguinchor, Kolda. La police et la gendarmerie sont débordées, l'armée est appelée en renfort.En Mauritanie la fièvre a pris la rue, à Nouakchott. Le lundi 24 avril les ressortissants sénégalais sont pris en chasse : tabassages, pillages, tueries. De part et d'autre du fleuve la haine aveugle à saisi les cœurs, la folie s'est imposée ; les rares voies qui appelaient à la tolérance étaient inaudibles voire étouffées. En Mauritanie, la marée humaine déchaînée était guidée exclusivement par un sentiment de destruction. Là aussi l'armée, surtout les fameux " bérets rouges " a été appelée à la rescousse. Ce n'était que le début de l'aventure…

(à suivre)
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