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lauthentique.info : Dossier du Sahara Occidental
Date : 29/04/2008 à 13:18:42

par Cheikh Aïdara
Réalité politique ou légalité internationale


"L'indépendance du territoire annexé par le Maroc en 1975 n'est pas un objectif atteignable…En l'absence de toute pression sur le Maroc pour qu'il abandonne sa revendication de souveraineté…un Sahara occidental indépendant n'était pas une proposition réaliste ". La déclaration tonitruante du Médiateur des Nations Unies dans le conflit du Sahara Occidental, M.Peter Van Walsum, a fait des vagues au Maroc et en Algérie, sans faire de remous en Mauritanie, le troisième pays pourtant concerné par ce dossier et où la patate chaude jetée par l'émissaire de Ban Ki Moon, n'a pas troublé ses eaux tranquilles

Face au silence des autorités mauritaniennes par rapport à la question du Sahara occidental, malgré quatre rounds de négociations où elles ont été conviées comme observateurs, il est clair que Nouakchott plaidera bien pour le statu quo, une position qui milite largement en faveur de son sacro saint principe de neutralité.

Difficile équilibrisme

En effet, les rares déclarations officielles sur la question se résument à quelques formules aseptisées où reviennent sempiternellement des questions comme la neutralité, le souhait d'une solution concertée qui satisfasse les deux parties, dans le cadre des résolutions des Nations Unies sur le sujet…Des phrases incolores et inodores qui ont juste le mérite d'assurer le juste équilibre dans les relations bilatérales avec les deux puissants voisins , le Maroc et l'Algérie, dont l'aune de l'amitié se mesure au degré de positionnement par rapport à la question du Sahara Occidental. Difficile équilibrisme pour un pays comme la Mauritanie, qui a été partie prenante dans ce dossier pour avoir annexé une large partie de ce territoire, avant de renoncer pour n'avoir pas eu les moyens de sa conquête. Pourtant, malgré son retrait du conflit du Sahara, la Mauritanie est malgré elle, concernée par ce conflit, même si la géopolitique l'oblige aujourd'hui à se confiner dans un rôle de simple observateur. Face aux échecs dans les négociations politiques, et cette abdication de Peter Van Walsum, qui semble militer pour la thèse marocaine et contre les revendications du Polisario, il est fort à craindre qu'on en arrive aux menaces lancées par l'ambassadeur de la RASD à Alger qui brandit l'éventualité d'une guerre devant l'échec politique. Le confit armé après plusieurs décennies d'accalmie embraserait toute la région, menaçant la quiétude et la stabilité des pays proches des zones de combat. En attendant, les analyses en Mauritanie restent prudentes sur toute cette question, la sensibilité du dossier dictant la prudence des mots.

La querelle au Nord

Au Maroc et en Algérie, mais aussi ailleurs, la déclaration de Peter Van Walsum continue de susciter des réactions en chaîne. L'ambassadeur d'Afrique du Sud aux Nations Unies dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de sécurité, outre la contradiction qu'il relève entre le rapport du Médiateur sur le Sahara et celui du Secrétaire général de l'ONU qui encourage la poursuite des négociations, dénonce le danger d'un réalisme qui ne s'appliquerait pas au Maroc, trouvant que cette logique pourrait même rendre vaine les revendications palestiniennes.

La France et les Etats-Unis, principaux alliés du Maroc, ont accueilli favorablement la conclusion de Van Walsum, suscitant l'ire du Polisario qui souligne pour sa part que le médiateur des Nations Unie a failli à sa mission en prenant partie pour l'un des protagonistes.

Pour la presse marocaine qui a galvaudé les conclusions de l'émissaire onusien, son point de vue est réaliste, objectif et constructif, incarnant le réalisme et la raison, mais surtout le point de vue de la communauté internationale "lasse devant un conflit entretenu par les propagandistes algériens et leurs stipendiés " écrit le Matin, proche du gouvernement.

Pour la Liberté d'Alger, rapportant la position du Polisario, "Walsum a outrepassé son rôle de facilitateur et se disqualifie comme médiateur ". Il souligne que la "question du Sahara occidental n'est pas un conflit frontalier dans lequel il faut chercher le compromis, mais un problème de décolonisation d'un territoire non autonome interrompu par l'invasion du Maroc " qui aurait violé "l'avis du tribunal international de justice et les résolutions des Nations Unies ".

Les arguments de Walsum

Pour Peter Van Walsum qui a rendu son rapport au Conseil de sécurité de l'ONU, "la reprise des négociations directes entre les parties ", relancées voilà un an à Manhasset, près de New York, "ne mène nulle part ". Le médiateur reproche au Conseil de sécurité de s'être "retranché dans ses dernières résolutions derrière des formules vagues, légèrement favorables à Rabat, mais qui permettent aux deux camps de se livrer aux explications de texte qui les arrangent ". Selon lui "si le Conseil de sécurité est incapable de choisir, les parties ne le peuvent pas non plus ". Il propose comme solution, de demander aux deux parties de retirer pour six mois leurs propositions, "pas de référendum offrant l'indépendance " au Polisario, "aucune pression ne sera exercée sur le Maroc pour accepter la possibilité d'indépendance ", "l'ONU ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur aucune partie du Sahara occidental ".

Dans cet épineux dossier, il souligne la nécessité de faire le compromis entre la "réalité politique " sur le terrain, matérialisé par l'occupation du Maroc sur le Sahara occidental, et la "légalité internationale" que revendique le Front Polisario. La première proposition sous-tend aux yeux des Sahraouis et de leurs alliés algériens, un réalisme malsain qui deviendra une jurisprudence dangereuse dans les relations internationales, car cette logique ferait perdre aux Palestiniens sous domination israélienne leur droit à l'indépendance. Une règle de deux poids deux mesures, qui fera dire au représentant du Front Polisario en France, Omar Mansour "au nom de quel droit peut-on défendre l'indépendance du Kosovo et faire des acrobaties pour justifier l'occupation illégale par le Maroc du Sahara Occidental ".

Source : lauthentique.info
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