L'actualité
Qu’ont-ils produit, les produits de la transition ?
Date : 19/03/2008 à 22:26:35

Il y a onze mois, le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi avait réceptionné une démocratie clé à main. Il était en quelque sorte le produit de la transition militaire. Zeine Ould Zeidane, devenu Premier ministre à la suite d’un accord entre les deux tours avec celui-ci, était lui aussi quelque part un produit de cette même transition. Le seul point commun entre les deux hommes est qu’ils étaient tous les deux ‘’engendrés’’ par une transition dont ils n’étaient pas véritablement les principaux acteurs. Le mariage qu’ils avaient négocié était dicté par la circonstance de l’élection présidentielle. L’essentiel pour les forces qui ont suscité ou presque leur candidature était de parvenir à barrer la route à un changement qui fait peur. La mission pour laquelle étaient choisis les deux hommes était celle-là. Mais, sans plus. C’est-à-dire, sans lendemain! Ils n’étaient pas outillés –c’est le moins qu’on puisse dire- à assurer la charge publique qui leur incombe aujourd’hui.
C’est pourquoi un an après ou presque leur avènement, la démocratie clé à main qu’ils ont héritée, n’a pu avancer d’un iota. Le pays a plongé dans l’incertitude de l’insécurité alimentaire et terroriste. Et tous les espoirs qui ont animé les mauritaniens se sont effrités.

Les collaborateurs qui sont les leurs excellent dans la médiocrité et l’inaction. Le gouvernement actuel est considéré par nombre d’observateurs comme l’illustration parfaite de la contre-performance.

Aujourd’hui, après tant de déception, tant de désillusion, tant d’incertitude, le système qui n’arrive à se mettre en place est traversé par des clivages et des combats d’arrière garde sur fond d’intérêts particularistes. Chaque pan du pouvoir tire sur lui la couverture de la médiocrité. Parce que c’est celle-là qui prévaut ! Aucune autre ‘’couverture’’ ni réalisation quelconque n’a été réalisée.
Pendant que Sidi Ould Cheikh Abdallahi, dans son palais de Président, passe son temps à égrener son chapelet pour attirer la Baraka Divine, le peuple mauritanien, lui, continue à égrener son chapelet de difficultés, de misère et de précarités! Pendant que Zeine Ould Zeidane prend les Mauritaniens pour des chiffres sans âmes et s’évertue à expérimenter des théories surréalistes, dignes d’une comédie de mauvais goût, le peuple continue de chiffrer ses inquiétudes et ses égarements.

Avec cette panoplie d’échecs, certains milieux persistent pourtant dans les louanges de la bonne volonté de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, et ne cesse de rassurer l’opinion d’un ‘’réveil soudain du lion’’. D’autres chantent l’intelligence et le dynamisme de Zeine Ould Zeidane et laissent entendre qu’il surmontera, un jour proche, tous les obstacles. Soit!
Pas de polémique sur la vertu de l’un ni celle de l’autre! Mais la situation est là. Cruelle situation! La scène que dégage le pouvoir actuel est désespérante. Tel un ménage censé être mené par un père affaibli par l’âge qui ne parvient plus à maîtriser les dérives au sein d’une demeure gangrenée par des différends fratricides d’adolescents égocentriques perdus chacun dans ses ‘’petites vérités’’.

C’est un peu cela, hélas, la Mauritanie d’aujourd’hui ! C’est aussi un système ‘’engendré’’ qui n’arrive à ‘’engendrer ‘’quoi que ça soit comme espoir !
Abu Aicha

Le Calame
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